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La mixité sociale leurre ou réalité ?

Les discours politiques sur la ville et les interventions urbanistiques vantent les mérites de la mixité sociale comme un remède aux problèmes sociaux et urbains. La politique de la ville n'est pas une politique municipale mais une coproduction entre la Ville, l'État et de nombreux acteurs, publics ou privés. En France, dans le cadre de la loi d'orientation pour la ville, la mixité sociale est envisagée comme un moyen de diminuer les exclusions et la fracture sociale. Mais de nombreuses études ont montré que la proximité spatiale est loin d'entraîner automatiquement la proximité sociale. La cohabitation forcée de groupes qui ne le souhaitent pas conduit à l'évitement et à l'exacerbation des conflits de voisinage. Réunis sans l'avoir voulu, les habitants de la plupart des ensembles résidentiels ont à faire face à une diversité de conceptions de la vie collective et de formes d'appropriation de l'espace. Les classes moyennes " relativement " aisées, celles que l'on voudrait voir rester dans les quartiers, sont les premières à les quitter. Pour le sociologue Maurice Blanc, les inégalités ne se dissolvent pas dans la mixité sociale.

La mixité sociale est à la fois une nécessité absolue au nom d'un principe fondamental,l'égalité de tous. Mais en même temps elle constitue une entrave à un second principe tout aussi fondamental, la liberté. Concrètement c'est le droit de choisir avec qui on veut vivre. Si la diversité culturelle est vraiment une richesse pour notre société et peut avoir certains avantages comme celui de découvrir d'autres modes de vie, il faut cependant qu'à ce mythe d'épanouissement urbain on prenne en compte que des recherches scientifiques dressent un constat mitigé à l'égard de cet impératif de mixité. La proximité entre les différentes classes sociales renforce moins la convivialité et les échanges qu'elle n'exacerbe les différences et les conflits.

De plus en plus de chercheurs considèrent que l'enjeu est avant tout la solidarité redistributive et que cette solidarité ne passe pas nécessairement par un mélange social plus ou moins imposé.

L'objectif n'est pas de remettre en cause la valeur de la mixité mais de discuter les effets supposés de la mixité sur l'intégration sociale et sur le " faire société ". Le parc résidentiel doit proposer une répartition spatiale équilibrée et la politique de l'habitat doit être planifiée de manière cohérente. La participation des habitants est un objectif essentiel mais la mise en oeuvre reste modeste lors de l'élaboration des projets.

Il serait bon que Lorient s'inspire de cette réflexion. "La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire" L'Abbé Pierre.

Permanences, 25 rue Marie Dorval :

  • 18/11 : Franck Geffray
  • 25/11 : Fabrice Loher
  • 2/12 : Maria Colas
Liliane Pètre
Liliane Pètre