Le mot de la majorité

L'air, ce bien commun...

Lorient, ville ouverte sur la rade, balayée par les brises océaniques aurait pu se croire à l'abri de la pollution. Il n'en est rien. La publication des émissions de polluants à effets sanitaires relevées par l'association Air Breizh est même préoccupante. Les pics de pollution se multiplient. 68 % des oxydes d'azote sont dus au transport routier sur l'agglomération.

À Lorient ils représentent 53 % auxquels s'ajoutent les 45 % d'émission de particules en suspension, si minuscules qu'elles s'incrustent dans le corps humain. Elles sont particulièrement redoutables pour les très jeunes enfants ou les personnes vulnérables. La ville mène un travail important afin de promouvoir l'usage du vélo et la marche à pied. Au gré de l'avancement du Triskell, elle aménage de nouveaux espaces sécurisés. Reste à gagner le pari que le Triskell transporte de plus en plus de monde. L'augmentation continuelle du trafic annule, de fait, les améliorations apportées à la motorisation des véhicules. Les jours de pollution, marcheurs et cyclistes sont à même de mesurer son intensité au regard de leur difficulté à respirer dans l'effort.

Au vu de toutes ces données, il est de notre responsabilité d'oublier le confort de notre siège de voiture et de modifier notre façon de nous déplacer. Il existe de nouvelles solutions pour le transport des marchandises en centre-ville. Certaines villes ont créé un entrepôt de regroupement des transporteurs où s'organise une distribution par véhicules électriques.

La ville de Lorient, elle, a mis en place la livraison de petits colis par vélo à assistance électrique. Et que dire du S'Cool Bus expérimenté en Normandie, permettant aux enfants de se rendre à l'école en pédalant ensemble. Ce nouveau bus les amène ainsi à la porte de l'école dans de bonnes conditions d'éveil et d'attention propices aux apprentissages.

Chez nous, l'école du vélo devrait pouvoir permettre aux parents de laisser leurs enfants aller à l'école seuls. Nous pourrions enfin répondre à leur envie de se rendre à l'école avec leurs camarades à pied ou à vélo. Mais les parents doivent s'engager aussi à ne plus encombrer les alentours des écoles afin que les enfants puissent y accéder sainement et en sécurité.

Le coût de la voiture dans notre ville ne s'évalue plus aujourd'hui seulement en termes d'infrastructures, de parkings ou de voirie de qualité, mais aussi au regard des enjeux de santé publique. L'air est notre bien commun, la santé de tous, notre responsabilité à chacun.

Jean-Paul Aucher, conseiller municipal
Jean-Paul Aucher, conseiller municipal