Evolution architecturale : de l'origine à 1900

La ville close

plan de la rade (cote 30 Fi 1823)
plan de la rade (cote 30 Fi 1823)

A l'origine, Lorient n'est qu'un simple chantier séparé de la lande alentour par un mur. Sa partie nord est rationnellement aménagée, le sud est abandonné aux cabanes des ouvriers. Les directeurs de la Compagnie des Indes habitent Port-Louis, les ouvriers s'installent sur le chantier. Puis, exclues de cet enclos, les baraques prolifèrent sur la partie sud et sur les vasières vers l'ouest. La ville s'étend alors de façon anarchique suivant deux routes partant de la porte de l'enclos : vers Ploemeur le long de l'étang du Faouëdic, et vers Hennebont. Plusieurs projets d'urbanisme s'échelonnent entre 1708 et 1730 mais aucun des plans d'alignement n'est respecté. Un plan est finalement établi afin de servir de cadre à un aménagement ordonné du triangle entre ces deux routes.

Le mur d'enceinte de la ville terrassé et bastionné, délimite pour un siècle un périmètre urbain de 31 hectares. Parallèlement, sont construits les premiers quais de commerce sur le Faouëdic. Ainsi, le quai de l'Aiguillon est bâti en 1766. Le destin de Lorient change à partir de 1769, avec la suspension du privilège de la Compagnie des Indes. C'est le début d'une reconversion d'une ville commerciale en ville industrielle et militaire.

 

 

L'extension extra-muros : le XIXe siècle

Porte du Morbihan et remparts à la fin du XIXe siècle
Porte du Morbihan et remparts à la fin du XIXe siècle

A la fin du XIXe siècle, l'extension de la ville se fait par le sud. Le bassin à flot crée une nouvelle croissance. C'est le quartier de la Nouvelle-Ville au tracé orthogonal. Ce quartier se développe véritablement lors de l'arrivée du chemin de fer à Lorient en 1862. Celui-ci vient border le quai sud du bassin à flot. Autour du bassin, l'activité maritime s'accroît : installation d'une criée aux poissons sur le quai sud, installation du port charbonnier et d'un dépôt de bois sur la même rive.

La gare s'installe à Kerentrech, en dehors de la ville. Les terrains situés entre les fortifications et Kerentrech sont inconstructibles jusqu'en 1907. La liaison vers ce faubourg se fait par une voie plantée : le cours de Chazelles.

En 1888, l'extension de la ville hors des murs vers le sud-ouest se poursuit, l'étang du Faouëdic est comblé, prémices du quartier de Merville. Début XXe, le paysage urbain de la ville se transforme considérablement. Après la création de nouveaux équipements portuaires, le dédoublement de Lorient avec la naissance de la Nouvelle-Ville, les fortifications sont déclassées en 1902 et en partie démantelées en 1906. Les remparts tombent petit à petit, créant ainsi de nouveaux quartiers : l'Eau-Courante, le Cours Chazelles, joignant ainsi la ville à Kerentrech au nord.

Aujourd'hui, des immeubles et maisons de cette époque sont très représentés dans les quartiers de Kerentrech, Keryado, Merville et Nouvelle-Ville. Certains sont encore présents sur le centre-ville notamment rue Maréchal Foch, Quai des Indes et souvent à des angles de rues. Immeubles construits essentiellement en maçonnerie de moellons enduits au mortier de chaux. Quelques façades sont constituées de pierre de taille calcaire ou de granit taillé. Les encadrements des baies, les corniches sont en pierre de taille et peuvent varier suivant leur texture ou leur couleur. Ces immeubles sont très peu nombreux sur le quartier centre à la différence des quartiers périphériques.