Architecture de l'entre-deux-guerres

Les lotissements

Quartier de Merville
Quartier de Merville

Lorient axe son dynamisme économique autour de ses ports de commerce et de pêche. L'aménagement des quais de Kergroise et l'ouverture en 1927 du nouveau port de pêche de Keroman, dotent la ville de nouveaux équipements modernes qui lui permettent d'augmenter son trafic, de multiplier les armements et d'engendrer ainsi l'augmentation du nombre d'industries.

L'espace intra-muros est complètement saturé, il connaît tous les effets désastreux de la surpopulation et des mauvaises conditions de logement. La ville souhaite s'agrandir mais les surfaces disponibles entre Merville et Kerentrech sont jugées insuffisantes. La ville sollicite de s'agrandir sur la commune voisine de Ploemeur. Cette demande est appuyée par les habitants de villages souhaitant être rattachés à Lorient. Après de nombreuses tractations, Ploemeur consent en 1929 à céder 75 hectares.

 

L'entre-deux-guerres est la période où le développement urbain se fait par le biais des lotissements. Des îlots se constituent un peu partout à la périphérie des villes. Lorient n'échappe pas à ce phénomène. Ces lotissements se développent le long des principales voies de circulation au nord-ouest vers Quimperlé et Quimper, au nord-est vers Hennebont, au sud-ouest vers Ploemeur. La création du nouveau port de pêche, au sud de la ville, favorise également l'émergence de tout un quartier. L'implantation des lotissements se fait en majorité au coup par coup à partir de 1926, donnant ainsi l'impression d'un foisonnement incontrôlé. Il s'agit d'opérations de taille modeste, on ne peut pas parler de réelles opérations massives de lotissements. Les quartiers du Moustoir, de la Villeneuve et de l'Eau Courante situés à l'ouest, ainsi que ceux de Merville, de la Nouvelle-Ville et de Keroman au sud-ouest, sont les zones où l'on va beaucoup construire.

Le plan d'aménagement, d'embellissement et d'extension

Après la première guerre mondiale, des lois relatives aux aménagements des villes voient le jour. Elles obligent ainsi des villes à prendre en compte leur développement à long terme et donc à réaliser un plan non seulement d'aménagement, mais également d'embellissement et d'extension.

En 1926, un plan d'aménagement d'ensemble de la ville est soumis au Ministère. Mais il est jugé insuffisant. Il est donc décidé de solliciter le concours d'un urbaniste, Monsieur Parenty, pour l'élaboration du nouveau projet. Celui-ci est accepté en 1935.

Outre le réseau des grandes voies, le plan est basé sur le principe des zones, en affectant à chaque quartier, la destination qui lui est la mieux appropriée . Le plan prévoit trois zones : une zone commerciale, une zone industrielle et une troisième résidentielle. Ce plan ne sera jamais mis en oeuvre mais servira de base de travail aux urbanistes de la Reconstruction.

 

L'architecture

Maison des années 1930
Maison des années 1930

L'architecture de l'entre deux guerres se différencie très nettement de la période précédente, mêlant à la fois l'effet décoratif aux nouvelles technologies. Construites souvent à partir de catalogues, les maisons individuelles sont personnalisées par l'imagination débordante des maçons italiens. Le volume de l'immeuble varie du simple au complexe, surtout dans les assemblages pignons-façades. Dans tous les cas une importance considérable est donnée au décor et à l'emploi de la couleur : enduits, encadrements de baies, pierre, brique, faïence, mosaïque, ferronneries. Aucun immeuble n'est semblable dans la composition des façades et des détails. Des matériaux nouveaux apparaissent : le béton armé, le parpaing de mâchefer, les enduits dont la variété et l'imagination sont surprenantes.